Emmanuel Pleintel
 Emmanuel      Pleintel

Le disparu des Maisons Satie

 

Roman gymnopédique paru aux Editions du Chameau

 

Célestin Fourmiciel est un vieux professeur de musique. Ses épais sourcils font peur aux élèves mais ses méthodes pédagogiques les amusent. Chaque année, il les emmène à Honfleur, capitale du monde gymnopédique. La Cour de Roncheville, le vieux bassin, l’Eglise Sainte-Catherine puis, rue Haute, les Maisons Satie. Avant le déjeuner sur la plage, on visite l’étonnant petit Musée consacré au musicien. Et lorsque Célestin Fourmiciel recompte un à un ses fidèles disciples, le plus rêveur d’entre eux manque à l’appel.

Le professeur, sur ordre de son directeur, mène alors une enquête précise et poétique qui le conduira dans tous les recoins du Musée, dans les rues de Honfleur et même jusqu’à Montmartre.

Ce petit roman, gymnopédique cela va de soi, offre un voyage onirique dans l’univers si bien rendu par le Musée du musicien le plus satien que la France ait connu depuis bien longtemps. Entre chaque ligne, entre chaque mot, Erik Satie est le vrai  héros de ce livre.

 

Disponible sur commande: ideesheureuses@aol.com

Au prix exceptionnel de 10 €, avec dédicace

Les trous du livre

d’Emmanuel Pleintel

 

Par Fulgence de Saint-Niouphe

 

Le livre d’Emmanuel Pleintel, Le Disparu des Maisons Satie, excellent ouvrage au demeurant, est parsemé de trous, comme un gruyère littéraire auquel l’affinage en cave aurait donné cette marque indélébile du talent. Evidemment, de même que l’on ne mange pas les trous du gruyère, on ne lit pas les trous du livre d’Emmanuel Pleintel, on les admire, on les contourne, on en caresse le tour, on regarde au travers, on les compte - y en a t’il autant que dans la Recherche du trou perdu ? – on les espère, on les apprivoise – comme le petit Prince ceux des cratères de son astéroïde B612 – on les collectionne en achetant d’autres exemplaires du livre, formant le rêve secret d’en posséder le plus grand nombre, de les échanger, de faire monter la cote et de revendre toute sa collection au prix le plus fort.

Le lecteur qui ouvre le livre, constante exigée par l’éditeur, verra en première page le premier trou. Ce trou d’air est le symbole du vide qui prévalut à la création du premier jour de l’humanité. Il s’oppose au reste de la page, avérant la phrase initiale de Saint-Jean « Au commencement était le verbe ». Et, nul ne peut le nier, le livre d’Emmanuel Pleintel est fait de verbes – « verbe » étant une acception générale puisque l’auteur a préféré, pour une meilleure compréhension de son ouvrage, utiliser des noms, propres ou communs, des articles, des adjectifs qualificatifs, des pronoms ou toutes ces sortes de catégories verbales qui forment le grand domaine des mots.

En feuille suivante, la neuf si je ne m’abuse, point de trou. C’est celui de la mémoire, que l’auteur a égarée alors qu’il se promenait dans la salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare, confondant un bref instant ses pieds et son cortex préfrontal. Cette page, blanche comme un linge, symbole des nuits que passa le gymnopédique romancier jusqu’aux gelées du matin sur son manuscrit encore vierge, reste le témoignage du retard que le train 6734 prit à son compte, celui de l’auteur, avant de se rendre à Trouville (on en sort difficilement), là où il faut changer de moyen de locomotion pour gagner Honfleur.

Enfin la visite peut commencer, le retard du train ayant tout de même permis de ne pas trouver les Maisons Satie portes closes et de devoir n’admirer l’intérieur que par le trou de la serrure. La déambulation culturelle terminée, il est de bon ton de redescendre la rue Haute et de s’arrêter dans une des échoppes vaguement moyen-âgeuses afin d’y acheter le calvados nécessaire au trou normand (Il y a en a à tous les prix, vous n‘aurez que l’embarras du choix).

 

Ensuite, de manière plus aléatoire, mais de ces sortes d’aléas qui sont réglés comme du papier à musique, une modeste quantité de trous parsème la suite du récit comme le gruyère le dessus du gratin. Car trop de gruyère nuit à la qualité des macaronis au four. Il est en effet très désagréable de devoir démêler les fils comme il est très agaçant de devoir faire le bouche trou à longueur de lignes. L’œil n’a qu’une capacité limitée à percevoir les trous et c’est justement ce qu’a parfaitement compris Emmanuel Pleintel dont on peut louer ici même la sagacité giratoire. Troutologue reconnu par l’Académie des pleins et des déliés, il a su disposer avec une habileté toute baudelerienne la quantité idéale de ces petits espaces circulaires dont la disposition, circonférencielle, n’est pas sans rappeler celle du Trou du monde en 80 jours, lequel, par ses proportions elles aussi rotatoires, tourne en rond à sa manière.

Alors, pour conclure, nous pouvons admettre que tant de perspicacité étonne le lecteur. Mais, de même que l’on peut se poser la question « pourquoi tant de trous dans le Disparu des Maisons Satie d’Emmanuel Pleintel ? », on peut raisonnablement s’interroger sur l’absence de trous dans L’Ecume des jours ou dans Les Essais de Montaigne – quoique mon édition originale de 1580 soit constellée de trous de vers (Mais, pourrait on m’opposer, à cause de ce fait lombricologique, ce fut non désiré par l’auteur). Certes. Il n’y a pas non plus de trous pleintelliens dans Guerre et Paix de Tolstoï, il n’y a que ceux par balles, qui ne peuvent être comparés à ceux de notre auteur favori, faits de toute autre manière.

Pour en terminer, véritablement cette fois-ci parce que la fois précédente n’était qu’une figure de style, on ne peut nier la présence de trous dans le Disparu des Maisons Satie. C’est une réalité indéniable, incontestable et tout à fait exacte. Mais si par aventure cela donnait le vertige au lecteur, je me suis laissé dire que les Editions du Chameau étaient prêtes à céder contre une somme dérisoire un kit composé de confettis blancs ou colorés de brisures de lettres, d’une pince troumorphique adaptée et d’un tube de colle à trous tout à fait invisible, inodore et inexistentielle. Ce serait une erreur à mon avis d’utiliser ce faux-fuyant. Le livre d’Emmanuel Pleintel prend toute sa dimension paré de sa galaxie poinçonnée. Il est soleil entouré de ses satellites, foyer chamarré d’étincelles, épicentre chargé de suspensions planétaires à l’infinie percée. Et on en redemande.

Le ragoût de Haddock

Livre de bord imaginaire...

20 pages...

Illustrations au trait noir fin, rehaussé d'aquarelle

Histoires de Sire

Jean-Bertrand Sire est peintre, un des derniers élèves de Fernand Léger. Pour la rétrospective de son œuvre, à Auxerre en 2013, j'ai écrit une trentaine de petits textes, voyages oniriques dans certaines de ses toiles...

Mise à jour

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A très bientôt!!!!

 

Pierre et le Loup avec Daniel Isoir

"Je ne suis pas Erik Satie..."

N'oublions pas que l'année 2016 fêtera les 150 ans de Satie, lui qui est éternel... Le 17 mai, très exactement... Mais à Trouville, non à Honfleur (Je vous en parlerai plus tard)... Cependant (de lait), de multiples anniversaires, tout au long de l'année, célèbreront notre gloire nationale... Avec, entre autres, une nouvelle production "Je ne suis pas Erik Satie", spectacle à structure libre pour piano préparé (de l'extérieur, contrairement à celui de Cage qui l'est de l'intérieur) et comédien toujours aussi seul (Moi)...

Structure libre veut dire que le spectacle ne sera pas fermé... Il s'agira, en quelque sorte, d'une conférence-spectacle qui pourra prendre différentes formes suivant les publics, les lieux ou les occasions, celles qui font le larron...

Je veux juste rétablir par ce spectacle l'exacte vérité: je ne suis pas Erik Satie, quoique Satie lui-même disait "Je m'appelle Erik Satie, comme tout le monde"... Ne suis-je pas également "Tout le monde?"... On va finir par s'yperdre... "To be or not to be", disait la mère de Satie, écossaise de nature...

 

Oui dès l'instant que je vous vis

Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le disse
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse

Pour que vous m'assassinassiez

 

Alphonse Allais

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